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Burkina Faso: « Il faut résoudre les questions sécuritaires et humanitaire avant de pouvoir organiser des élections» Ousmane Bougouma 

« Lorsqu’un pays est confronté à des difficultés, il est indiqué de venir comprendre quelles sont ses difficultés, comment on peut apporter un soutien, au lieu de rester à distance et de donner des leçons. 40% du territoire Burkinabè est occupé. Nous avons une situation humanitaire insoutenable. Le Burkina Faso se débrouille pour apporter de l’aide alimentaire à la population (…) Ce qui se passe au Sahel est une question de survie pour tous les pays africains» tel est l’avis du président de l’ALT, Dr Ousmane Bougouma, lors de sa prise de parole à la 14ème Assemblée Parlementaire de la Francophonie zone Afrique qui se tient à Abidjan en Côte d’Ivoire, le 6 avril 2023. 

De son point de vue, tant que le Burkina Faso n’aura pas réussi à juguler le terrorisme sur l’ensemble du territoire, il est quasiment impossible de parler d’élection. Pour lui, il faut dans un premier temps résoudre la question de la crise sécuritaire puis celle humanitaire avant un retour à la norme constitutionnelle. Les élections viendront lorsque le pays des hommes intègres sera en paix pas avant laisse-t-il comprendre.

Il a rappelé que l’œuvre de la reconquête du territoire national est en marche. Les autorités sont à pied d’œuvre pour mettre fin à la crise sécuritaire. Il y a plusieurs villes du Burkina Faso, dit-il aux parlementaires réunis, qui sont sous blocus terroristes. Le gouvernement rencontre d’énormes difficultés rien que pour ravitailler les populations de ces zones. Ces populations pour la plupart souffrent le martyr. Elles n’ont qu’un seul souhait, la paix et la sécurité. A écouter le président de l’ALT, Dr Ousmane Bougouma: « Le peuple Burkinabè ne demande que la paix. Et si au niveau de la francophonie, vous n’êtes pas capable de comprendre cela et d’apporter un soutien aux besoins, ne soyez pas étonné qu’à la fin de cette situation, le Burkina Faso tourne le dos à la Francophonie parce que c’est dans les situations difficiles que l’on connait qui est son ami, qui est son frère. J’invite tous les pays africains à garder la fraternité, avoir de la compréhension pour les pays qui traversent des difficultés».

Ouverture de la 14ème Assemblée Parlementaire de la Francophonie zone Afrique

Pour le Président de l’ALT, tous les partenaires du Burkina Faso lorsqu’ils viennent au Burkina Faso ou que le Burkina Faso va vers eux, la première question est de savoir « les élections, c’est pour quand ? Quand est-ce qu’on repart à l’ordre constitutionnel?». Ce qui est étonnant pour lui dans la mesure où depuis 2014, le Burkina Faso connait une instabilité non seulement politique avec 6 présidents en 8 ans mais aussi une grave crise sécuritaire avec les conséquences qu’on connait. Pour lui, avec les partenaires, ils (l’ALT et les membres du gouvernement) devraient échanger sur les moyens de parvenir à lutter efficacement contre le terrorisme et non pas de la question d’aller aux élections comme si dans un pays où près de 2 millions de personnes sont déplacées et 40% du territoire sous contrôle terroriste, il était possible d’organiser des élections.

« Notre souhait est qu’il n’y ait plus de transition au Burkina Faso parce que sous les transitions, nos pays régressent énormément. Nous avons la conscience qu’il nous faut la démocratie mais une vraie démocratie où nous apportons le développement aux populations et pour cela nous avons besoin de l’appui surtout de nos pays frères.» 

« Je suis enseignant d’université et si demain, on pouvait organiser les élections, je serai très content de repartir dans mes amphis pour m’occuper de mes étudiants. Je voudrais demander à tout un chacun, chers frères africains de commencer à penser entre nous en tant que frère, pour qu’ensemble, on ne se regarde plus de cette façon. Qu’on se donne la main pour résoudre ensemble les problèmes qui sont les nôtres. Le 11 septembre 2001 quand il y a eu l’attentat au World Trader Center, nous étions dans nos cases en disant, c’est loin. Cela ne nous concerne pas. Quand, ça s’est passé en Syrie, c’est loin. Cela ne nous concerne pas. Ensuite, c’est venu en Lybie. Progressivement, c’est venu au Sahel. Ce qui se passe au Sahel est une question de survie. Je voudrais que tout le monde comprenne cela. Aujourd’hui, c’est le Burkina Faso, demain ce seront tous les pays du littoral qui seront concernés, si nous ne nous donnons pas la main pour résoudre ce problème» a affirmé Dr Ousmane Bougouma, président de l’ALT du Burkina Faso.

Pour terminer son propos, Dr Ousmane Bougouma a demandé à l’ensemble des parlementaires et aux pays de la francophonie en Afrique que s’ils veulent comprendre vraiment la situation du Burkina Faso, ils n’ont qu’à envoyer des missions au Burkina Faso. Avec les moyens du pays des hommes intègres, le président de l’ALT personnellement, les conduira dans les zones touchées par la crise sécuritaire. Ainsi, ils pourront toucher du doigt les réalités du pays. Ils sauront de visu, estime-t-il, comment vivent les Burkinabè dans ces régions avant de parler d’élections. 

Saydou GANAME

www.bf1news.com

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