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Système éducatif burkinabè : de plus en plus de diplômés sans emplois

Le secteur éducatif burkinabè occupe une partie importante du budget de l’Etat. Selon le tableau de bord 2020-2021 de l’enseignement supérieur, 624 milliards de francs CFA a été investis dans l’éducation au Burkina Faso en 2021. Cet investissement représente 22% du budget de l’Etat. Mais en termes de résultats produits, un contraste se présente : sur un effectif de 190 218 étudiants inscrits dans les universités publiques et privées du Burkina pour l’année 2020/2021, on enregistre au total 19 477 diplômés sortants des universités. Une masse qui doit affronter la réalité du monde professionnel sans compter les jeunes déscolarisés. Selon le dernier recensement de l’INSD, les jeunes représentent 45% de la population.  L’accès à l’emploi pour tous ces jeunes reste problématique malgré une apparente baisse du taux de chômage. Lorsqu’ on s’en tient à une étude réalisée par l’Institut Nationale de Statistique et de Démographie (INSD), ce taux est passé de 6,6% en 2014 et 4,7% en 2020.

Une demande d’emploi toujours supérieure à l’offre

Malgré cette baisse, l’équation du chômage reste toujours difficile à résoudre. L’Etat, le principal pourvoyeur d’emplois à travers les concours de la fonction publique a encore beaucoup à faire. Pour cette année 2022, il a autorisé le recrutement de 11 362 fonctionnaires dont 5 293 candidats pour les concours professionnels et 6 069 candidats pour les concours directs. Mais au regard du nombre de demandeurs d’emplois qui ne fait que s’accroitre chaque année, cette offre reste insuffisante. Si l’on considère uniquement le nombre de diplômés sortant chaque année qui est de 19 477 pour l’année 2021 et le nombre de candidats qui seront employés pour l’année 2022 (11 362), on remarque très vite un décalage de 8 115 jeunes aux chômages sans compter ceux du secondaire, primaire et ceux non scolarisés à la recherche d’emploi. Le fossé est encore grand.

Peut-on compter sur l’entrepreneuriat ? Pour faire face aux défis du chômage, le secteur privé joue également sa partition à travers la création des entreprises et la promotion de l’auto-emploi.  Selon une étude de l’office national de l’emploi et la formation, 10 859 999 emplois ont été créés en 2021 par le secteur privé contrairement au public qui n’en a créé que 428 871. L’entrepreneuriat qui est fortement encouragé au Burkina Faso contribue également à réduire le chômage à travers le financement des projets innovants des jeunes. Mais serait-il le dernier recours sur lequel la jeunesse burkinabè devrait s’appuyer pour résoudre la problématique de l’employabilité des jeunes dans les années à venir ? L’avenir est prometteur mais la question reste posée. Reste à savoir si la montagne ne va pas accoucher d’une souris en ce qui concerne

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